Il n'est pas nécessaire de boire pour souffrir de l'alcoolisme.
Pour une approche globale du problème de l'alcool dans le monde du travail.
L'alcoolisme est un véritable problème
de santé publique, le milieu du travail n'échappe pas
à ce problème complexe. En Belgique, on estime à
10 % le taux de travailleurs ayant des problèmes d'alcool, et
ceci quel que soit le secteur d'activité, la catégorie
professionnelle ou le niveau hiérarchique.
Si la loi du silence reste encore souvent de mise, un nombre croissant
d'entreprises s'engagent aujourd'hui dans une démarche de
gestion du " risque-alcool ".
Elles revendiquent même leur action contre ce fléau qui
peut entraver la bonne marche de l'entreprise (perte de production,
dommages matériels à l'outil, coûts commerciaux,
absentéisme…) et avoir des conséquences graves sur
la santé et la sécurité des travailleurs.
(Note : "L'alcool en Belgique et dans les
entreprises" exposé de Mr Luc BILS, Président du CCAD,
lors d'une journée d'étude organisée par le
Cresept sur la gestion de l'alcool dans le cadre de la santé au
travail- Mai 1995.)
Extrait d'une interview de Christopher Lim-Cow, psychiatre spécialisé dans les assuétudes à l'unité de crise de l'hôpital St Luc à Bruxelles.
"Ne pas se voiler la face" Quelles sont les réactions habituelles des collègues de la familles ?
Le conjoint a tendance à
téléphoner pour excuser les absences au travail, le
collègue expédie les tâches de l'alcoolique et le
chef de bureau ferme les yeux sur ses retards ou ses erreurs
répétitives. On finit alors par parler de co-alcoolisme.
Or cette attitude n'est pas tenable à long terme pour le
co-alcoolique et ne fait que conforter l'alcoolique dans sa situation.
(Note : Propos recueillis par Jo.C (Le Soir Bruxelles) édition du 12/06/99.)
Minimiser les choses ne résout rien, il faut aborder le problème directement, en mettant l'alcoolique face à ces responsabilités et en ne dissimulant pas ses erreurs, même si cela engendre un conflit.
L'alcoolisme est un mal familial, en croyant bien
faire, en réparant les pots cassés, en protégeant
le malade des conséquences néfastes de sa consommation,
sa famille retarde peut-être le moment d'une prise de conscience
nécessaire de l'alcoolique pour décider d'arrêter
de boire.
Les conséquences ne se font pas attendre, les proches
s'angoissent sans répit, faussent, voire nient la
réalité, se culpabilisent, se sentent mal aimés ou
inutiles, les enfants ont peu confiance en eux, dorment mal, ont des
problèmes scolaires.
Ce sont ces membres du personnel dont le travail est affecté par la consommation d'alcool d'une autre personne.
Un bon élément ne peut pas fonctionner avec
efficacité s'il s'inquiète de quelqu'un qui boit
continuellement.
C'est peut-être le conjoint (le fils ou la fille…) qui
téléphone plusieurs fois par jour pour vérifier
les faits et gestes de l'alcoolique.
C'est peut-être le collègue qui par amitié, essaye de camoufler les erreurs de l'alcoolique.
Se contenter de soigner l'alcoolique, ce n'est que traiter 50 % du
problème dans l'entreprise. L'entourage a aussi besoin d'aide.
L'alcoolisme est une maladie.
Seul l'alcoolique peut décider d'arrêter de boire, une
vérité difficile à accepter pour son proche
entourage et surtout pour sa famille.
Les groupes d'entraide pour alcooliques notamment les Alcooliques
Anonymes peuvent être une aide efficace. Le mouvement
parallèle Al-Anon s'adresse plus particulièrement
à l'entourage d'un malade alcoolique.
Al-Anon s'adresse à toute personne dont la vie est ou a
été affectée par la consommation d'alcool d'un
proche, y compris un collègue de travail.
Al-Anon met à votre disposition, si vous le souhaitez une
documentation à déposer dans des présentoirs "
Santé ". En collaboration avec " Santé et Entreprises ",
des informations ont lieu régulièrement pour les chefs
d'entreprises, les responsables de ressources humaines, les assistants
sociaux…
Pour plus de renseignements sur Al-Anon s'adresser à :
Al-Anon Groupes Familiaux Francophones de Belgique
Rue de la Poste, 111 1030 Bruxelles
Tél : 02 / 216 09 08
E-mail mailto:info@alanonbefr.be
Web : http://www.alanonbefr.be
Permanence : les mardis et jeudis de 14 à 18 h.